Le Corona, virus pour l’innovation responsable

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S’il est un domaine que le Covid 19 aura stimulé, c’est bien l’innovation. Cette crise sanitaire, devenue crise systémique aura eu le mérite de créer une prise de conscience plus puissante que des décennies d’alerte. Aujourd’hui l’heure est à la reconstruction et la clé en est l’innovation.

C’est bien là le paradoxe de ce virus.  Il a distribué la mort et la peur mais il a aussi permis de prendre conscience de la nécessité de l’adaptation pour la survie et du sens pour l’humain. Il a inoculé le virus de l’innovation…responsable.

Experte et passionnée d’innovation, je vois dans cette période l’opportunité de passer à la disruption d’un système à bout de souffle. Portant depuis des années le message de l’innovation par les soft skills et des nouveaux modes de management comme le télétravail, je savoure les impacts déjà visibles de cette crise qui viennent illustrer ma vision et conforter mes convictions.

1) Accélération brutale de l’entrée dans le « Nouveau Monde »

L’urgence a créé un monde auquel on n’a pas eu le temps de penser. Pendant que des dizaines de millions d’emplois sont détruits dans le monde, la valeur du titre Facebook bondit de près de 60% ainsi que les autres GAFAM -Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft- auxquels le bouleversement du quotidien a profité.

Mark Zuckenberg, le patron de Facebook, avec son « vous n’avez qu’à vous organiser » à la  Commission Européenne ouvre sur la nécessité des Anciens à prendre le virage du Nouveau Monde.

Dans notre pays, on a pu assister à des adaptations inattendues car « forcées ». Chômage partiel et télétravail sont deux innovations sociales qui ouvrent vers de nouveaux modes de travail et plus de flexibilité sur lesquelles le corona a eu raison d’années d’immobilisme.

2) Innovation incrémentale et disruption

L’entrée dans ce nouveau monde fait apparaître le besoin d’innovation sous toutes ses formes.

Pour faire face à la pénurie, des centaines d’entreprises ont montré leur capacité d’innovation incrémentale et de réactivité. LVMH et Yves Rocher ont su transformer en temps record leurs chaines de production de cosmétiques en gel hydro-alcoolique. Décathlon s’est associé à Bic pour transformer son fameux masque de plongée Easybreath en protecteur respiratoire en 18 jours !.

Quant à la disruption elle s’est installée par l’adoption « forcée » de nouveaux usages. Les plateformes de « e » commerce, « e »éducation, « e »travail… ont d’ailleurs révélé des tailles de marchés insoupçonnées.

3) Des tests « pilotes » grandeur nature

La visioconférence en est un exemple emblématique. Privés de contacts, même les plus réfractaires au digital se sont mis aux « apéros What’sapp » et aux mariages par Skype.

Zoom, start up créée en 2011, est devenue un succès mondial grâce au corona en trouvant enfin son marché avec 300 millions d’utilisateurs quotidiens.

Ainsi le marché des logiciels de télétravail estimé à 400 millions de personnes c’est-à-dire des cadres, est aujourd’hui à 2 milliards de salariés car il faut connecter désormais les salariés de terrain aussi.

4) Pour une  innovation consciente et qui fait sens

Cette crise en nous faisant prendre conscience de notre vulnérabilité d’humain aura fait prendre conscience que le système de santé ne pouvait être purement commercial et devait se moderniser. Les nouveaux « Héros de la Nation » doivent pouvoir innover.

Et peut-on continuer à laisser totalement délocalisés les principes actifs des vaccins en Asie, entre la Chine et l’Inde.

Il y a une vraie leçon à tirer pour la R&D occidentale.

5) Ralentissement pour une consommation durable

Cette crise a créé un paradoxe étonnant en donnant un coup d’accélérateur par l’urgence de la situation et dans le même temps le confinement a fait vivre à un rythme hors temps.

Dans la mode où l’éphémère crée le business, le groupe Kering ouvre  la transition entre l’ère de la « Fast Fashion » et celle de la « mode durable ».  La maison Gucci a annoncé s’affranchir des calendriers des Fashion Weeks pour défiler uniquement 2 fois par an et sa prochaine collection est réalisée à partir de matières recyclées, biologiques naturelles et durables.

6) Nouveau normal, nouveaux leaders

Le confinement aura été propice à la créativité comme l’ont montré les milliards d’échanges. Ce potentiel créatif est résolument à exploiter pour réinventer le nouveau monde et le rôle des leaders est de savoir le mobiliser.

On le constate déjà avec bon nombre de leaders qui ont pris des initiatives « responsables » pour les salariés. Pour ne citer que Sébastien Bazin  qui a créé pour le groupe Accor un fond de secours pour les 220 000 collaborateurs sans emploi dans le monde puisque l’hôtellerie a été touchée à 90 % de son activité. Ou Michel-Edouard Leclerc qui s’est mobilisé personnellement sur le terrain tout au long de la crise pour assurer la continuité d’approvisionnement.

Le confinement, imposant à la fois  télétravail et distanciation physique, a révélé la nécessité du respect des autres, de l’empathie et de la bienveillance pour permettre de fonctionner, voire de survivre.  Le corona rend plus que jamais d’actualité la théorie de Darwin sur l’évolution de l’espèce «  ce ne sont pas les plus forts mais les plus adaptables qui survivront ».

Intelligence de soi et celle des autres sont intimement mêlées et regroupent les soft skills que les leaders doivent acquérir pour innover et faire innover les autres : créativité, collaboration, intuition, gestion du risque, agilité pour les décisions et les modes projets.

Par la prise de conscience que c’est un ensemble de gestes individuels qui construisent le collectif  et l’innovation, il est en train d’accélérer la mutation du management et l’émergence d’un nouveau type de leadership. C’est là l’opportunité du virus de l’innovation responsable pour le monde d’après.

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