Quel est l’impact de l’intelligence artificielle pour l’innovation ?

L’I.A.  nom donné à « l’intelligence  des machines et logiciels » (wikipedia) était au coeur de la Rencontre Thématique du Club de Paris des Directeurs de l’Innovation du 20 septembre 2018 .

« Si les grandes entreprises sont aujourd’hui de plus en plus impliquées dans l’utilisation de la data (big data, smart data, proprietary data), l’intelligence artificielle (IA), nécessaire pour valoriser et donner une certaine intelligence à la data est encore assez limitée dans la conception de projets d’innovation. Cela tient au caractère encore récent de l’IA, dont il ne faut ni surestimer les possibilités ni sous-estimer l’opérationnalité actuelle et le potentiel. » tel que l’exprime Marc Giget, président du Club des Directeurs de l’Innovation, pour introduire cette réunion.

Leader dans l’innovation c’est BNP Paribas qui a ouvert la session  qui s’est poursuivie avec des interventions d’entreprises impliquées dans l’application de l’IA telles que  Microsoft, Bouygues Construction avec son Tunnel Lab, Axa …

Pour BNP Paribas, c’est Julien Cuminet, le Risk Chief Operating Officer du groupe,  qui a ouvert les interventions en expliquant pourquoi  innovation et IA sont indissociables . « Dans la banque on a  besoin de bien gérer nos risques  d’anticiper ; l’industrie est très en avance : des secteurs comme l’aéronautique savent  anticiper les signaux faibles ou l’industrie ferroviaire. Nous avons besoin d’aller plus loin et c’est ce que nous faisons par la co-création pour unir nos forces et trouver des solutions originales ».

C’est ensuite Rim Tehraoui, Head of Risk Anticipation BNP Paribas, qui a présenté les leviers de développement  intéressants pour BNP Paribas et qui figurent au cœur de la stratégie d’innovation .Quand on regarde l’ensemble de nos métiers nous avons la conviction très forte que l’IA est un facteur clé ; d’ailleurs nous avons identifiés plus de 100 projets impactés par l’AI,  à différents niveaux de maturité, de l’ idéation au POC.

Par exemple un robot qui facilite l’évaluation de risques des crédits et de fraudes avec un  algorythme pour créer une analyse de prédictivité intégrant les  problématiques  des « early warnings ».

Comment faire pour intégrer l’ IA dans les processus ? BNP Paribas a identifié ces les enablers  qui lui sont indispensables:

« Tous ces enablers sont des challenges » reconnaît  Rim Tehraoui

Le 1er challenge est technologique, celui de la data .Il n’est pas encore traité au niveau du potentiel attendu ; il s’agit de définir comment les interpréter et ccomment les articuler entre les divers métiers ; il s’agit de créer l’articulation en désiloïsant ces datas et  en rendant  exploitables ces datas.

Ce challenge implique la gestion des risques  de l’utilisation de l’IA dans le système  bancaire qui est très surveillé, très réglementé ; il y a aussi le  risque technologique à intégrer de  nouvelles technologiques  au sein de systèmes obsolètes, ce qui risque de précipiter l’ obsolescence. Par ailleurs les nombreux partenariats notamment avec les Fintechs  céent des zones de vulnérabilité.

Le 2 ème challenge est la dimension humaine. Il y a de l’anxiété autour de l’impact de l’iA sur les jobs. La machine augmente l’humain mais on ne peut sous estimer le risque de désengagement des employés. Nous vivons une période de transition et nombreux sont ceux qui ont peur de la fin de leur métier.

Enfin l’échec pas dans notre culture .Pour 1 success story nombreux sont les échecs.Il ne faut pas se retirer trop tôt ni pénaliser les porteurs de projets qui n’ont pas abouti la première fois !

Pour conclure il faut une  démarche pragmatique conciliant à la fois des projets simples avec des quickwins et dans le même temps une vision plus longue . dans tous les cas pour avancer il faut toucher aux organisations .C’est le challenge prioritaire pour aller plus loin en IA , au-delà de la technologie, repenser la dimension humaine et de la culture et de l’organisation

innovation enjeu strategique

« L’innovation est devenue un enjeu stratégique pour tout le monde » Marc Giget

C’est l’entrée en matière de Marc Giget lors de sa présentation au Club de Paris des Directeurs de l’Innovation (http://www.directeur-innovation.com/) de sa vision 2018-2020 et prospective 2030. En sa qualité de membre de l’Académie des Technologies, il nous brossera les tendances majeures de l’innovation qui se profilent pour les années à venir.

Le ton est donné avec un « ça bouge grave » suivi avec une égale aisance d’une citation de Georges Soros au dernier Davos « certaines entreprises sont déjà mortes et elles ne s’en rendent pas compte ». S’associant à la vision de transformation du monde et de nécessaire adaptation pour les entreprises, Marc Giget soutient que la fonction innovation a son rôle à jouer dans ce pilotage de la transformation qui se joue à moyen terme pour contrebalancer la vision productiviste et court-termiste de la fonction marketing

innovation enjeu strategique.

Mon éclairage des tendances d’évolution de l’innovation présentées par Marc Giget :

1) la stratégie d’innovation a tendance à être désormais intégrée à la stratégie d’entreprise  ce qui implique une nouvelle gouvernance et une fusion entre direction de la stratégie et de l’innovation (RATP, EDF, Danone, LCL, Allianz France…)

2) L’innovation devient globale, au-delà du technique en recourant à de multiples alliances, coopérations joint-ventures… ; on assiste grâce à cet effet au renouveau de l’industrie automobile et aéronautique. Valeo en est un bel exemple.

3) L’innovation totale, c’est innover tous ensemble, le coté Human Centric de l’innovation donne une part à jouer pour les RH qui ont plus ou moins de mal à s’y mettre : gestion du risque, meilleure coopération, innovation participative…

4) l’Innovation humaniste recadre l’innovation dans sa finalité de progrès… La tendance publicitaire de « innovation for a better life » en est le reflet… A chacun d’identifier ce qu’il y a au delà du story telling !

5) L’innovation inclusive se développe, reliée à une finalité de progrès, il s’agit en plus de sortir de l’innovation purement consumériste avec de nouvelles  offres de produits innovants, moins chers, accessibles au plus grand nombre.

6) Design together, co-innover avec les utilisateurs, la conception avec des utilisateurs, ou design thinking, est une tendance montante avec aujourd’hui 54% des dirigeants qui affirment comme importante l’implication des utilisateurs dès la phase d’idéation(Innovation Benchmark 2017)

7) Accélérer la transition digitale est un enjeu pour toutes les entreprises, tant dans la transformation interne que dans la définition de nouveaux produits et services; le Directeur Innovation est bien entendu impacté et a à jouer son rôle de pilotage avec les experts de technologies internes, les métiers et les personnels concernés.

innovation enjeu strategique

On assiste à une stimulation par les nouveaux acteurs, les GAFA, qui obligent à une redéfinition des services comme l’ont fait avec succès Accor et G7. Le Digital constitue une source d’innovations de toutes types, incrémentales et disruptives, autant d’opportunités  pour l’innovation dans les années à venir.

Rendez-vous aux « Rencontres Nationales de l’Innovation » le 14 juin prochain pour voir comment s’actualisent concrètement ces tendances stratégiques de l’innovation !

industrie-respecte tradition innovation

« Notre industrie ne respecte pas la tradition mais seulement l’innovation » Satya Nadella

Et si l’on parle maintenant de GAFAM et que le M est venu s’ajouter aux 4 mousquetaires d’origine, les Google, Apple, Facebook et Amazon… Cela ne viendrait-il pas en partie de ce coup de fraîcheur donné par Satya Nadella le « nouveau » président de Microsoft ?

industrie-respecte tradition innovation

C’est bien l’impression qu’a donné Eneric Lopez, le directeur des Programmes Innovation de Microsoft France en présentant le nouveau « Microsoft Soul » à l’occasion de la  Rencontre du Club de Paris des Directeurs de l’Innovation sur les stratégies d’innovation.

Les « Microsoftees » ont subi un véritable changement de culture  d’entreprise: on ne parle plus de « know it all » mais de « learn it all »… La valorisation de l’apprentissage sur la connaissance est une véritable révolution dans ce milieu d’experts « sachants » ! De même les RH ne parlent plus de « performance individuelle » mais « d’impact ». Cet impact s’évalue en fonction de critères relationnels «  from other » (« qu’est-ce que j ‘ai appris des autres ? ») et « to other » (« qu’est-ce que j’ai apporté aux autres ? »).

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Dans le même temps les comportements et les axes d’innovation ont été tous revisités pour permettre à Satya Nadella d’atteindre l’ambition affichée en innovation :

#time to market : exemple de « Skype Translator » développé en 6mois

#test and learn : « savoir essayer et savoir échouer »l’exemple du Mirosoft Band projet 1 puis 2 puis abandon pour mieux repartir plus tard

#re-invent : quand le smartphone a été arrêté capacité à réinventer une catégorie ,exemple succès du « Surface »

#partnership : y compris avec les concurrents pour la co-pétition par exemple Amazon et pour l’assistant personnel Alexia

#platform : seul modèle technologique qui permet intégrer en B to B et de co-construire en co-ingéniérie

#IA : amplifying human ingenuity with intelligent technology

#Quantum computing  avec la recherche sur les ordinateurs quantiques

#Trust être responsable de ce qu’on fait

#Tech for Good : innover pour des valeurs d’inclusion : éducation, santé, planète

#Ancrage local : en France partenariats avec l’Inria, Station F…

industrie respecte tradition innovation

Et pour conclure j’ajouterais à ce speech d’Eneric Lopez , cette présentation trouvée sur Twitter cette semaine qui hisse des productions d’innovation rendues possibles par l’intelligence artificielle au niveau du progrès attendu par les utilisateurs et s’agissant de santé par les hommes. Bravo à Microsoft !

https://experiences.microsoft.fr/business/intelligence-artificielle-ia-business/sante-promesses-de-ia/

innovation levier transformation sociale

L’innovation levier de transformation dans l’habitat social

Au coeur de toutes nos connexions, l’habitat est touché par plusieurs vagues… La vague digitale mais aussi la vague du développement durable qui impose de nouvelles règles entre bâtisseurs et habitants des logements. Pour l’habitat social, la mesure concernant les APL lui fait affronter en plus une baisse des revenus. L’innovation est alors un recours nécessaire pour trouver des solutions. 

De nouveaux financements pour combler le manque à gagner des revenus de l’APL, tout en restant vigilant sur l’important poids du réglementaire dans le domaine. Innover avec, ou plutôt malgré, le code de la Construction et de  l’Habitation exige une réelle créativité !

innovation levier transformation sociale

L’innovation concerne depuis toujours les techniques du bâtiment. Aujourd’hui la construction exige la prise en compte de la transition énergétique(consommation réduite, accès électriques…) mais aussi de nouveaux procédés favorisés par les nouvelles technologies apparaissent : construction d’une maison par imprimante 3D comme à Nantes avec Batiprint selon un procédé mis au point par Bouygues Construction. Non seulement la construction est facilitée mais en plus à très bas prix…au point que les chinois lorgnent sur cette innovation française pour leurs programmes de logements sociaux du coté de Pékin. Les robots viennent aussi suppléer aux manœuvres sur les chantiers pour les taches difficiles.

Le Digital avec ses nouvelles technologies et nouveaux usages rend les locataires plus exigeants …comme pour tous les domaines de la vie courante ils demandent à être « acteurs » de leur logement, choisir, personnaliser leur habitat. On parle même d’« habitat participatif ». Habiteo , une start up qui aide les promoteurs à se digitaliser en proposant des plateformes d’échanges ente promoteurs et futurs acquéeurs vient de lever 6 millions d’euros. Les quartiers génèrent aussi des associations solidaires qui permettent l’expression de besoins culturels différents et enrichissants pour la version finalisée.

Plus globalement l’ensemble des métiers du logement social sont impactés, par l’arrivée de l’intelligence artificielle, des big data et des objets connectés…à commencer par les gardiens qui ont un rôle de présence que ni les robots ni les chatbots ne pourront remplacer : une présence humaine et chaleureuse, qui demande à être harmonisée avec cette nouvelle vision globale de l’habitat social.

mieux avant innovation creatrice progres

« C’était mieux avant » ou l’innovation créatrice de progrès !

A offrir et commenter à tous ces empêcheurs d’innover qui ne cessent de se plaindre de l’évolution du monde… Il se pourrait que nous en rencontrions quelques uns en ces périodes de fêtes !

Ce petit manifeste, écrit sur un coup de sang par l’auteur de Petite Poucette en colère contre tous les Grands Papas Ronchons qui empêchent de regarder devant nous avec espoir, a été tout d’abord offert à tout acheteur de deux livres de poche de Michel Serres.

Devant l’enthousiasme qu’il a suscité et les nombreuses demandes qui lui sont parvenues, la Maison d’Edition (Le Pommier) a décidé de le publier sous forme d’un tout petit livre : « Dix Grands Papas Ronchons ne cessent de dire à Petite Poucette, chômeuse ou stagiaire qui paiera longtemps pour ces retraités : « C’était mieux avant » ». 

mieux avant innovation creatrice progres

Or, cela tombe bien,  «  avant, justement, j’y étais »… Peut revendiquer Michel Serres. « Je peux dresser un bilan d’expert. Qui commence ainsi : avant, nous gouvernaient Franco, Hitler, Mussolini, Staline, Mao… Rien que des braves gens ; avant, guerres et crimes d’état laissèrent derrière eux des dizaines de millions de morts. Longue, la suite de ces réjouissances vous édifiera. »

Quelle belle ode au progrès avec ce regard dans le rétroviseur d’un fin observateur : les conditions d’hygiène, d’alimentation, de travail , la condition des femmes, des enfants… De très beaux arguments, justes, objectivement analysés pour clouer le bec à tous ceux qui ne sont pas entrés dans le nouveau monde et qui voudraient nous empêcher d’espérer que l’innovation puisse être porteuse d’avenir, de progrès et d’humanité !

monde marketing digital emoi

Le monde du marketing digital en émoi : les publicitaires supplantés par les technologues !

Le digital est aujourd’hui l’enjeu de toutes les entreprises. Qui dit enjeu dit stratégie de survie par la croissance mais aussi enjeu de pouvoir dans les organisations. Depuis la dernière décennie j’observe les jeux d’acteurs, dont j’ai fait partie chez Orange en dirigeant la communication innovation de l’opérateur puis chez L’Oréal en créant le poste de transformation digitale de la Recherche et Innovation…et aujourd’hui en intervenant dans les programmes d’innovation et de transformation digitale de mes clients : Total, BNP Paribas, CNP assurances, Caisse des Dépôts, etc…

La fonction digitale est partout problématique : fonction hybride qui nécessite connaissance technique et des usages tout en maîtrisant l’art de la transformation

On voit donc cette fonction évoluer de la Direction informatique pour qui il ne s’agit pas de brader les architectures réseaux, hard, par des soft skills vers les directions de l’innovation ou des RH si l’enjeu est pris en compte plutôt sous l’angle humain et de changement culturel.

La tendance dans les très grandes entreprises est à la création du poste de CDO, Chief Digital Officer, directement rattaché au président ou DG. De ce fait le marketing digital devient un nouveau terrain d’ambition entre CDO, informatique et marketing, à l’image du marché des agences qui en train de se reconfigurer.

Les agences ont beau s’y mettre, le besoin d’expertise technologique l’emporte. Ainsi Accenture Interactive fait trembler les géants de la communication comme « WPP », « Omnicom » ou « Publicis » .Dans une interview aux « Echos » Arthur Sadoun a déclaré « Accenture est un concurrent plus réel que Google ou Facebook ».

monde marketing digital emoi

Crédit Infographie Le Figaro

En 5 ans Accenture, le géant américain de la technologie est l’un des leaders mondiaux du marketing digital grâce à Accenture Interactive. Depuis 2012 ce dernier est passé de 0 à 6 milliards de d’euros de CE. Cette branche est devenue le moteur du groupe. Comme l’analyse Pierre Nanterme son PDG «  En partant de notre expertise technologique, nous avons étiré notre offre vers le marketing digital et l’expérience client pour devenir un acteur de référence auprès des directeurs marketing ».

Prochaine étape ? L’absorption de WPP ou Publicis ? En attendant le géant américain prend soin de bien cibler ses recrutements chez les concurrents publicitaires (WPP, Omnicom, Publicis…) et le renforcement par complément d’achats (encore 1Milliard déclaré) pour renforcer la branche digitale en expertises marketing et communication.

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L’Inno.Bus ! ça roule pour l’innovation industrielle chez Total

L’Inno.Bus, qui a été inauguré par Bernard Pinatel, le Directeur de la Branche Raffinage-Chimie le 9 octobre, est en train de  parcourir pendant les semaines à venir les 3000 Kms qui relient 11 sites français et belges. Chaque étape est l’occasion de partager avec les salariés des  raffineries et sites pétrochimiques  les innovations métiers du Groupe.

Pour la Mission Innovation de la branche Raffinage-Chimie de Total, qui porte ce projet pendant la grande fête de l’innovation du groupe les « Innodays », l’objectif est de renforcer sa dynamique d’innovation industrielle même si elle compte déjà plus de 17 challenges innovation en un an, et 30 000 connexions sur la plateforme participative dédiée aux  idées des salariés. Les Prix de l’Innovation qui viennent récompenser chaque année des projets permettant d’améliorer la performance des installations à partir de propositions émanant de  salariés de la Branche seront présentés dans le Bus.

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Des innovations pour l’Usine 4.0  à découvrir dans l’Inno.bus :

La vision prospective des métiers industriels de demain,  scénarisée dans le film « L’Usine 4.0 »  est concrétisée par des démos d’innovations concrètes telles que :

  • Les applis  de l’opérateur augmenté qui permet-tent d’améliorer les conditions de travail et la performance des opérateurs tels que l’assistant aux tournées d’inspection ou la surveillance des vannes
  • La « trouble shooting room » : une salle d’assistance à distance en temps réel pour résoudre les incidents, au lieu d’attendre la venue d’un expert et le résultat de son analyse des données a posteriori si incident sur une machine.
  • La vision en images de l’Usine 4.0 ou usine du Futur, imaginée par les métiers de Total
  • La visite de la raffinerie d’Anvers  en réalité virtuelle avec des lunettes 3D, pour participer à des jeux sur la culture de l’innovation et développant la créativité
  • Les logiciels d’Intelligence Artificielle pour faire parler les données du raffinage et de la pétrochimie et permettre aux métiers de délivrer des études/analyses plus rapidement.

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Un esprit  créatif et convivial: des Mantras Innovation et un Foodtruck

Le bus est entièrement recouvert de silhouettes en habit d’opérateurs pour rappeler le métier et de mantras d’innovation qui jouent les paradoxes de toute innovation industrielle aux initiales de la Branche Raffinage Chimie (R&C) : Réinventer& Construire, Regarder & Créer, Redéfinir &  Conquérir…

Des jeux et animations sur la culture innovation permettront aux opérateurs des sites de s’initier à a culture innovation tout en partageant  une pause gourmande au Foodtruck qui accompagne l’Inno.bus.

innovation total

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L’énergie, un gisement pour l’innovation

Dans le changement d’ère que nous sommes en train de vivre, si tous les secteurs sont concernés, celui de l’énergie est particulièrement engagé dans le changement comme le traduit le terme de « transition énergétique » qui le caractérise. Dès que la transition s’annonce, l’innovation s’impose…

L’innovation pour tous les acteurs de l’énergie… les nouveaux pionniers

Si pour les pionniers de l’or noir, la nouveauté consistait à découvrir de nouveaux gisements et l’innovation était d’ordre géographique et géologique, aujourd’hui les pionniers de l’énergie sont partout et cherchent à innover tous azimuths. La guerre de l’énergie se joue sur tous les fronts : nouvelles méthodes, nouvelles sources, nouveaux acteurs

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Les producteurs, ceux dont c’est le cœur de métier, continuent d’explorer comme ils l’ont toujours fait mais cherchent de nouvelles méthodes pour produire en limitant les émissions de carbone. Quatre géants du pétrole, Exxon, Shell, Total et BP viennent de se rallier au plan de réduction des émissions de carbone présenté il y a quelques mois par un groupe de Républicains Américains modérés. En publiant dans le Wall Street Journal  leur avis favorable pour une taxation des émissions de gaz à effet de serre, ils s’engagent implicitement à trouver des méthodes pour produire autrement ou à trouver de nouveaux types d’énergies.

L’innovation, pour l’excellence opérationnelle et la transformation des acteurs traditionnels

L’innovation va donc devoir entrer chez les géants établis de l’énergie, ou se développer encore plus fortement, comme une nécessité incontestable, intégrée à la notion d’excellence opérationnelle.

D’ailleurs depuis la crise de 2014/15 avec le prix du baril, l’esprit « problem solving » a dû s’imposer auprès de tous pour revoir leur productivité et fonctionner autrement qu’avec les moyens des riches années passées.

Tous ont lancé des programmes de changement… Pour n’en citer que quelques uns : Shell a intensifié son « Game Changer » vaste programme de transformation  par l’innovationBP a plutôt géré l’innovation dite incrémentale en se recentrant sur les explorations peu profondes à moindre risque et Total dont l’innovation fait partie de l’ADN s’est résolument lancé dans une transformation par l’innovation à tous les niveaux de l’entreprise traduite par la réorganisation de 2016.

De l’Or Noir à l’Or Vert… Une innovation à 360°

L’énergie est un domaine en profonde mutation qui subit les influences de toutes les vagues de transformation en même temps : environnementale bien sûr mais aussi, réglementaire, digitale avec l’arrivée des NBIC (Nanotechnologies, Biotechnologies, Intelligence Artificielle, Sciences Cognitives) …

Elle se joue sur tous les fronts de l’entreprise, au marketing pour les produits services mais déjà en amont dans la production avec l’industrie 4.0. en préfigurant de l’usine de raffinage de demain

C’est un secteur qui nécessite l’application de toutes les formes d’innovation, l’innovation à 360° :

-l’innovation incrémentale  ou innovation qui vient améliorer des produits et services existants : idées pour améliorer la qualité, idées pour produire moins cher, idées pour produire en bas-carbone, idées pour produire en améliorant le bien-être au travail… Ce type d’innovation fait l’objet de challenges internes, de mobilisation opérationnelle et d’engagement dans la mise en œuvre des projets. Tous les énergéticiens ont leurs systèmes internes de ce type, Edf, Engie, Shell, Total… qui constituent la base de l’innovation

– l’innovation radicale ou innovation qui apporte un changement sans remettre en question le business modèle ; elle permet d’offrir un service en plus, sans compromettre l’équilibre existant ; par exemple utiliser un robot pour fore et libérer les ouvriers  de taches pénibles; diffuser des lampes à énergie solaire dans les stations services en Afrique, c’est un acte d’engagement dans l’accès à l’énergie pour tous  en dehors de son cœur de métier  tout en restant dans le champ des services d’une station-services. 

– l’innovation de rupture ou innovation disruptive, c’est l’innovation qui repose sur la création d’un usage ou d’une valeur différente du cœur métier et qui vient remettre en question le business modèle existant ; ce type d’innovation représente donc un risque pour les revenus habituels en proposant des sources d’énergies alternatives ce que représentent les  …or tous doivent s’y mettre pour aller vers le « graal » des énergies propres et renouvelables

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Très chère innovation, innovation… très chère

Les énergies renouvelables suscitent de l’intérêt… Mais il est vrai que leurs promesses sont alléchantes. Propres et abondantes, elles permettraient à la fois de desservir enfin le milliard d’individus toujours privés d’électricité, et de couvrir la demande croissante des économies émergentes, Chine en tête, mais sans aggraver le réchauffement climatique. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) et le Giec (l’assemblée scientifique chargée de l’étude du climat aux Nations unies) recommandent ainsi de faire bondir leur part dans la production mondiale de 13% du total aujourd’hui à 48% en 2035 (AIE) et à 77% en 2050 (Giec).

Pour y parvenir, il faudra investir massivement : quelque 6 000 milliards de dollars pour tenir l’objectif de l’AIE en passant à l’électricité propre et à une nouvelle génération de biocarburants. Et la part des deniers publics sera déterminante : les subventions annuelles au secteur, actuellement de 57 milliards de dollars, dépasseraient les 200 milliards dans vingt-cinq ans.

Les Etats s’inquiètent et s’interrogent sur leur rôle et les énergéticiens vont donc devoir puiser dans leurs « trésors de guerre » pour financer ces nouveaux business.

L’innovation sous toutes ses formes… concilier sécurité et créativité

Pour parvenir à ce grand mouvement de transformation disruptive, il est un autre domaine qui va nécessiter des investissements… Celui des hommes.

Le domaine de l’énergie, traditionnellement orienté sur la sécurité pour des raisons évidentes liées à l’activité, doit aujourd’hui gérer le paradoxe de la  sécurité et de la créativité, permettre de concilier respect strict des consignes et capacité d’imaginer de nouveaux modes de fonctionnement. Ce grand écart culturel n’est pas facile et va demander une part importante d’investissement dans l’humain.

L’une des autres voies de disruption est l’apport de start ups innovantes par le capital risque. Là encore il va falloir gérer « risque » et « sécurité » financière, concilier process des grandes organisations sans entraver l’agilité des start ups acquises.

Les programmes d’innovation  des énergéticiens vont devoir former  aux nouvelles méthodes, à l’agilité, recruter de nouvelles compétences sur les nouveaux métiers, savoir intégrer les nouvelles compétences pour intégrer l’esprit start up et son agilité, libérer l’esprit créatif et sa capacité d’imaginer « out of the box » pour inventer l’énergie de demain.