Culture Innovation – La nécessaire exemplarité du CODIR

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Le Codir, ou Comité de Direction, est le lieu de pilotage de l’entreprise où sont prises ou validées les décisions stratégiques. En effet devenir membre du Codir est statutaire et accéder à ce statut signifie que tous les regards  des salariés sont braqués sur vous. A l’heure de la transparence digitale, l’exemplarité du Codir est plus que jamais nécessaire.  Un membre de Codir ne peut plus dite « Fais ce que je dis  et pas ce je fais ». Pour l’innovation, qui implique disruption et transformation, cet adage vaut plus encore !

1) être membre du Codir : droits et devoirs pour l’innovation

Innover implique un ensemble de comportements tels que la collaboration, l’ouverture, l’acceptation d’idées nouvelles… Ces comportements  peuvent paraître décalés par rapport à ceux de la compétition prônée par des entreprises traditionnelles voire certaines start-ups dirigées par des entrepreneurs sans culture manageriale. Or on ne peut exiger des salariés des comportements que le Codir ne s’applique pas à lui-même.

Dans les nombreux Codirs que j’accompagne,  la « collaboration » est sans doute le challenge le plus difficile.

Chaque membre du Codir vient souvent représenter son silo et défendre les intérêts de son territoire. Or l’innovation résulte de la confrontation d’idées et de la contribution de toutes les fonctions de l’entreprise pour sa mise en œuvre, de la technique aux RH pour recruter le bon chef de projet.

Et il n’est pas rare de voir des directeurs inciter leurs collaborateurs à coopérer entre eux alors qu’ils sont en guerre manifeste avec leurs collègues du Codir. Leur demande de collaboration se transforme alors en injonction paradoxale ! Mettre l’innovation à l’ordre du jour du Codir est un excellent remède pour la transversalité.

2) savoir utiliser la diversité : ouvrir son point de vue pour innover

Le Codir constitue en effet un ensemble d’opportunités de développement. Ayant lieu à périodicité régulière, y participer  donne la possibilité de lancer et présenter l’état d’avancement du projet à chaque étape de décision. Composé des homologues directeurs, il permet la sollicitation de  l’implication des services représentés autour de la table. C’est aussi le moment d’indiquer le niveau de contribution de chacun  pour créer la dynamique positive d’association au projet.

Mais c’est aussi, sous le sceau de la confidentialité de cette instance, de relever  les non-contributions et engager la responsabilité collective sur les risques de délais ou de niveau d’excellence.

3) Nouveau savoir-être pour l’innovation

Pour beaucoup, être membre de Codir c’est représenter son service et, dans le meilleur des cas, faire redescendre l’information le lendemain lors de la réunion de service. C’est traditionnellement une fonction « top down ».

Or l’innovation suppose plutôt des méthodes « bottom up » impliquant la sollicitation des salariés dans le processus de création puis de décision. Le Codir devient alors un lieu de « remontée » d’idées et de solutions à adopter.

Etre membre de Codir pour l’innovation signifie alors partage et intelligence collective. Autant de soft skills rattachées à l’empathie et la bienveillance qui permettent de susciter confiance, solidarité et corresponsabilité.

Evitons d’appliquer  les affres décrits dans le business thriller « le Codir m’a tuer » pour tuer l’innovation. Une bonne leçon de management pour développer la culture innovation.

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