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En Inde le biométrique (oculaire), innovation technologique pour le progrès social : création de la première carte d’identité du pays

Par 3 mai 2017 Digital

Autant en Occident le Digital est souvent perçu comme une menace, autant dans les pays en développement les avancées technologiques constituent des opportunités immédiates. Il en est ainsi du biométrique, iris et empreinte digitale en Inde.

Initiée en 2010 l’Aadhaar (« fondation » en hindi) est désormais la plus grande base de données d’empreintes et d’iris au monde. Carte d’identité de 1,13  milliard de  personnes enregistrées sur 1, 25 d’indiens elle est aujourd’hui adoptée par soit 99% de la population indienne et elle sert aussi  sert aussi de moyen de paiement.

Depuis mars 32 banques indiennes fournissent ce mode de paiement novateur de paiement par empreinte digitale. Appelé Aadhaar Pay, il utilise les informations biométriques à savoir les dix empreintes digitales et celles de l’iris recueillies par le gouvernement depuis septembre 2010 pour créer la première carte d’identité du pays.

L’objectif immédiat était double : identifier la population (10% des indiens n’avaient aucun papier et donc pas d’accès aux droits) et se servir de ces données biométriques pour sécuriser l’attribution de nombreuses subventions alimentaires ou énergétiques en évitant le détournement.

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A partir de 2014 les usages de l’Aadhaar se sont étendues au point de devenir le  « passe-partout » de la vie quotidienne des Indiens : ouverture ligne téléphonique, impôts, création de compte bancaire…

Ce dernier usage va permettre également la régulation du mode traditionnel de paiement en liquide correspondant à 90% de transactions aujourd’hui en Inde .

Narendra Modi le Premier ministre a en effet lancé un énorme programme « d’inclusion financière » qui s’est soldé par la création de 123 millions de comptes bancaires en 2 ans ! Aujourd’hui quasiment tous les ménages en possèdent au moins un…

Même si tous les aspects de sécurité reste encore à finaliser, pour le moment le bilan de l’introduction de cette technologie du biométrique de manière massive est plus que positif puisqu’il a rendu possible une étape de progrès disruptif dans la société indienne.

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Pink Innov, un réseau de femmes autour de l’innovation orienté observatoire d’actualité et partage de best practices

Par 2 mai 2017 Innovation

Quel leadership au féminin pour l’innovation ?

« C’est sur ce constat que l’idée de créer un club de femmes de l’innovation, Pink Innov nous est venue à Hélène (Campourcy), l’autre Sylvie (Borzakian) et moi : nous étions les 3 seules femmes de cette séance du Club des Directeurs de l’Innovation qui en réunissait près d’une centaine… Et de nous interroger sur notre goût pour l’innovation et notre féminité pourtant assumée, toutes 3 en pink ce jour-là!

Cette question je me l’étais déjà posée lorsque dirigeante dans des entités innovation de grands groupes, j’étais souvent avec quelques femmes en minorité, et parfois même, seule femme en réunion. Et j’ai eu la chance de bénéficier d’un coaching au leadership féminin qui a été une révélation à la fois sur la  puissance de femme et sur un métier, le développement personnel, que j’ai maintenant adopté, transmettant aux autres femmes et aux hommes ces acquis précieux . »

C’est ainsi que commencera ma contribution à l’ouvrage collectif de Pink Innov à sortir en mai…

Aujourd’hui Pink Innov c’est plus d’une centaine de femmes qui partagent :

  • Esprit d’entre-aide et d’enrichissement professionnel, en inscrivant dans la mixité des expériences, la convivialité et la solidarité.
  • Réflexion sur l’innovation,  partage d’expériences et d’expertises, de savoir-faire et de méthodes pour booster l’innovation et entreprendre.
  • Rencontres organisées autour de formats des plus variés (visites, évènements, conférences, ateliers…).

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Ma chronique Innovation Revue RH&M – Les chatbots et l’intelligence artificielle vont-ils tuer les formateurs ?

Par 12 avril 2017 Mes Contributions

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Dyson, les ventes bondissent de 45% grâce à l’innovation… Prochaine étape : l’intelligence artificielle

Par 4 avril 2017 Innovation

Pour tout le monde, la marque « Dyson » est associée à « aspirateur sans sac »… ce qui était déjà une belle innovation de rupture ! Après les luminaires LED en 2015,  avec l’intégration de la société de Jake Dyson , le fils du fondateur James Dyson , le groupe a rajouté 2 catégories l’an dernier : les sèche-cheveux et les purificateurs d’air.

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Avec  ces innovations les ventes ont bondi de 45% et les bénéfices de 41% !

Une success story d’innovation intéressante à analyser au travers des déclarations du fondateur, Sir James Dyson.

Le fondateur James Dyson explique « Nous n’avons pas de business plan logique. Nous voulons juste développer des technologies et les intégrons dans le produit qui convient. ». Cette capacité « d’intégration technologique » avec agilité est la force du groupe…détecter une nouvelle technologie, la déposer et l’appliquer dans un produit qui reste dans le cœur de métier de Dyson c’est à dire l’électro-ménager.

Pour l’avenir,  les 3500 ingénieurs soit plus d’un tiers des effectifs (9000p) ne se plaindrons pas des dernières déclarations du fondateur : «  Nous allons encore faire plus de recherche, notamment sur l’intégration des logiciels et de l’intelligence artificielle ».Il est important de souligner que même s’il a laissé la direction opérationnelle il a gardé la main sur les chercheurs.

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« Mon idéal serait que nos produits deviennent complétement autonomes »…un rêve qui, c’est fort à parier, devrait devenir une réalité assez vite si l’on en juge  la capacité d’intégration technoloqique de Dyson !

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Comment l’intelligence artificielle va révolutionner le monde de l’ orientation ?

Par 4 avril 2017 Développement RH

Quand on sait que « dans 20 ans 60% des métiers sont amenés à disparaître », poussés au rang des antiquités par la vague digitale, la question de l’orientation déjà souvent difficile (« quel métier vais-je faire ? ») est aujourd’hui renforcée par (« est-ce que le  métier que j’ai envie de faire fait partie de ceux qui vont disparaître ? »). Mais la vague digitale c’est aussi de l’innovation créatrice et l’intelligence artificielle devrait aider aux choix en révolutionnant, avec des effets positifs, l’orientation scolaire et professionnelle. Analyse au travers de 3 start-ups.

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L’orientation boostée aux data  par Impala

C’est évidemment le traitement des data qui est cœur des dispositifs d’orientation par intelligence artificielle : connecter les données concernant la personne à orienter (ses préférences, ses goûts, ses compétences), à la base de  tous les métiers possibles en faisant un lien pour déterminer le métier adapté et enfin, connecter le tout  au  marché pour une proposition « réaliste » d’orientation.

Pour le moment il existe des initiatives sur l’une ou deux de ces connexions. Impala, l’appli « qui t’aide à trouver le métier de tes rêves » commence par un test avec 10 compétences (ce que je sais faire ou aimerais apprendre) qui permet d’éclairer en  un nuage de points le nuage de métiers qui correspondent. En un click, du nom du métier on passe au descriptif, et d’un autre click aux formations qui permettent d’y accéder. Il ne reste plus qu’à connecter un chatbot qui réponde aux questions complémentaires !

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« L’arbre des possibles » et la « galaxie des métiers » de Pixis

Avec la start-up Pixis, l’ambition est non seulement d’orienter vers des métiers qui intéressent, mais aussi vers ceux qui vont être porteurs dans les années à venir. Pour cela Pixis étudie le marché du travail pour y déceler également les professions qui s’inscrivent dans les 17 objectifs de développement durable de l’ONU.

L’application de Pixis permettra de présenter une diversité de métiers d’avenir et la variété de voies pour y accéder, d’analyser la personnalité et les intérêts pour faire des recommandations précises et mettre en contact avec d’une part des professionnels pour échanger au sujet de leurs parcours et des coachs spécialisés pour l’orientation

La start-up a donc intégré le « Sustainable Development Solutions Network » dont le but est de mobiliser et de mettre en relation des personnes qui proposent des solutions innovantes pour atteindre les objectifs. À partir de là, on accède à quantité de fiches métiers.

À l’avenir, Pixis disposera aussi d’un « arbre des possibles ». C’est-à-dire que la start-up aura étudié les voies « types » empruntées par des professionnels pour atteindre la position qu’ils occupent, et tout cela grâce à l’analyse de milliers de CV.

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La rencontre de l’offre et de la demande

La star-up Riminder, quant à elle vise la concrétisation de l’orientation par la rencontre de l’offre et de la demande d’emploi. Le marché du recrutement connaissant une hyper évolution le big data par ces 4 fonctions clés (collecter, normaliser, stocker et restituer) va permettre une adaptation massive et agile à la fois.

Connectés aux applications d’orientation telles Impala ou Pixis, on imagine bien la chaine complète… du métier de rêve à la réalisation du projet

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Le FAIR, l’Intelligence Artificielle pour Facebook

Par 31 mars 2017 Digital

J’ai eu la chance d’assister à une présentation du FAIR (Facebook Artificial Intelligence Research) chez Facebook France et à un essai d’Oculus le dernier achat de Facebook en réalité virtuelle. Une plongée impressionnante dans le Facebook de demain.

Créé par un ingénieur Français Yann Lecun, le FAIR, implanté à NYC, Menlo Park et Paris compte sur ses 80 personnes un tiers d’ingénieur.

Il constitue l’un des 3 piliers du business plan de Facebook : connectivité, Intelligence artificielle et Oculus pour la réalité virtuelle.

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Selon Facebook l’intelligence artificielle est un système capable de percevoir les environnements et raisonner à partir d’un événement. Tout cela s’implémente par le langage (chatbots), la vision (caméra et machines capables d’identifier des objets) et le planning (développement stratégique et taches). En fait la technologie de base date des années 80 mais aujourd’hui les algorithmes s’appliquent de manière massive (millions d’utilisateurs Facebook) et à tout contexte (chaque post Facebook).

Le futur de l’Intelligence artificielle pour Facebook, c’est d’utiliser Starcraft pour développer des algorithmes dans des situations et des contextes évolutifs.

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Quant à Oculus, la start up de Palmer Luckey rachetée 2 millions de  dollars par Marc Zuckenberg est une pure merveille d’évasion. Le casque de réalité virtuelle permet de diriger par le regard les mouvements et voler sur des paysages féériques, et jouer en activant les yeux, réservant les mains pour la manette d’accélération. Pas étonnant que cet Oculus soit l’un des 3 piliers du développement de Facebook !

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Les chatbots et l’intelligence artificielle vont-ils tuer les formateurs ? 

Par 30 janvier 2017 Développement RH

A-t-on encore besoin de formateurs ? Avec l’essor du e-learning, des Mooc, des Cooc et autres Spooc, et avec l’arrivée de l’intelligence artificielle qui va ouvrir de nouvelles possibilités encore plus efficaces ? Contraction de « chat » (« discuter » en anglais) et de « robot », un « chatbot » est un programme informatique capable de dialoguer avec son utilisateur… Autant dire que le formé va pouvoir dialoguer avec son formateur partout, à tout moment et dans un échange de plus en plus personnalisé. Que devient le formateur ? Déjà remis en question par les apprenants sur la partie connaissance, quelle peut-être sa valeur-ajoutée désormais ? Quel est son devenir face à l’assaut des GAFAM sur l’intelligence artificielle ?

Le métier de formateur : une remise en question totale

Le métier de formateur ferait-il partie des métiers appelés à disparaître avec l’arrivée du numérique ? Le métier de formateur, au sens large, enseignant, professeur… est déjà largement remis en question par les apprenants. Ceux considérés comme « sachants » voient leur « savoir » challengé par la masse de connaissance disponible sur internet. En en 1 click toute la connaissance du monde est à la portée de chacun, sans filtre, de maniére exhaustive et facilement accessible.

Certes les contenus pédagogiques ont l’avantage d’être ciblés, mais les contraintes du présentiel, avec con corollaire de coût pour l’ajustement d’agenda, l’absence sur le lieu de travail et le transport ne sont pas toujours un critère qui compense ce surcoût ni du point de vue de l’entreprise et ni de celui du formé…

L’intelligence artificielle : des atouts incontestables pour la formation

Cette question lancée à l’apparition du e-learning est réactualisée aujourd’hui par l’usage massif de ce type de formation et l’arrivée de l’intelligence artificielle avec ses chatbots dans les RH (*). Avec « 13% d’augmentation du marché du e-learning » prévu pour 2017 et un réel usage, si l’on s’en réfère aux « 77% d’entreprises américaines qui le propose à leurs salariés» (**), la formation à distance est aujourd’hui une réalité qui ne se discute plus.

L’intelligence artificielle promet de lui apporter encore plus de performance  à plus d’un titres : financièrement, pédagogiquement pour son aspect ludique et les possibilités de personnalisation.

Faisons un focus sur la personnalisation qui est l’un des atouts majeurs  rendue par l’IA au formé ; il aura ainsi la possibilité de « personnaliser  son formateur » (choix du genre, de la voix, apparence physique, style pédagogique…) grâce aux « robots humanoïdes » ; il bénéficiera d’une « personnalisation des contenus » par le suivi des cookies et l’analyse des « big data » qu’offre « automatiquement » le parcours internet du formé ; en fin de cursus il bénéficiera d’une « personnalisation des prochaines formations » en fonction de ses résultats car la machine sait évaluer en « live » et il retrouvera toutes ses formations sur « une plateforme personnalisée » qui le suivra tout au long de sa vie …

L’IA, un partenaire du formateur pour une nouvelle « expérience apprenante »

Mais où est l’humain dans tout cela ? la question de la valeur ajoutée de la relation humaine est sans doute celle qui est posée aujourd’hui. L’arrivée de l’IA peut être en fait une opportunité pour les métiers, tous, de se remettre en question : chercher à identifier ce que la machine va pouvoir alléger des charges actuelles, imaginer ce à quoi il doit consacrer sa valeur ajoutée.

Créer (***) une nouvelle expérience apprenante, plus riche, plus divertissante, plus apprenante, voilà le challenge qui est lancé pour les formateurs d’aujourd’hui et demain.

Et il n’y a pas de temps à perdre… Car on annonce déjà la vague suivante qui révolutionnera la formation et le développement humain en général, celle de « l’empathie artificielle ».

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Ma chronique Innovation Revue RH&M – Avec les « chatbots », ou « bots », l’intelligence artificielle fait son entrée à la DRH

Par 30 janvier 2017 Développement RH

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A quoi s’attendre en 2017 ?

Par 18 janvier 2017 Digital

Quelles nouveautés technologiques nous réserve 2017 ? Ce qui ressort à l’analyse du Grand Las Vegas Show et des infos des constructeurs qui ont fleuri en tout début d’année sont: une généralisation de la reconnaissance vocale, l’arrivée des écrans souples et des technologies de communication plus rapides comme le Bluetooth 5.0, deux fois plus rapide et d’une portée quatre fois supérieure au procédé actuel.

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Coté Smartphone, l’iPhone va (déjà !) fêter ses 10 ans cette année et Apple va marquer l’évènement par la sortie d’un iPhone 8 au printemps. Selon certains bruits il serait doté d’écran Oled plus contrastés que les générations précédentes et sans doute incurvés sur les cotés comme le Samsung Galaxy Edge. Pour gagner de la place toutes les bordures seraient éliminées et le bouton d’accueil, la caméra frontale et le capteur d’empreintes digitales seraient directement à l’écran. Apple pourrait profiter de l’occasion pour ajouter la reconnaissance faciale ou rétinienne à son Smartphone. Comme l’Apple Watch, l’iPhone8 se rechargerait par induction.

Samsung qui se remet difficilement du Galaxy Note 7 qu’il a finalement dû retirer de la vente prépare son retour avec une nouvelle version de son smartphone vedette le Galaxy S. Il y aurait un modèle 5 pouces et un autre 6 pouces ; le grand modèle bénéficierait d’un écran Quad HD qui améliorerait surtout la qualité d’image avec un casque de réalité virtuelle et sans doute de haut-parleurs stéréo signés Harman, récemment racheté par Samsung. Autre nouveauté importante, le Galaxy S 8 serait capable comme les mobiles Windows de se transformer en PC de bureau en lui reliant un clavier et un écran.

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L’assistant vocal généralisé serait la vedette de 2017. Popularisé par Siri sur les iPhone et par Google Now sur les smartphone Android, l’assistant vocal s’invite dans une quantité croissante d’objets du quotidien : oreillette chez Sony, téléviseurs chez Samsung, ordinateurs et boitier Apple TV chez Apple, etc… En 2017 on pourra installer au salon une borne multifonction servant à la fois d’enceinte Bluetooth, et de majordome connecté. Les produits qui émergent de cette catégorie sont Echo d’Amazon et Home Google…en 2017 le rêve de commander une musique, un éclairage sans bouger de son canapé deviendra accessible et à la portée de tous !

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L’Innovation disruptive, une théorie victime de confusion ?

Par 18 janvier 2017 Innovation

L’Innovation disruptive, une théorie victime de confusion ? Ce qui est « disruptif » n’est pas forcément « innovation disruptive »

Vingt ans après l’introduction de la théorie de l’innovation disruptive (ou innovation de rupture), Clayton Christensen, qui en est à l’origine, revient sur cette théorie au travers d’analyses de son applications dans la « Harvard Business Review » de janvier 2017.

Très popularisée la disruption est devenue parfois un effet de mode, un graal pour tout innovateur , trouver la « killer app » est une sorte d’injonction paradoxale dans les grandes entreprises, qui en rêvent tout en limitant les idées disruptives qui viennent déranger l’organisation et les process établis. Christensen revient donc sur les abus d’interprétation d’innovation disruptive. L’exemple d’ Uber y est magistralement décrit.

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« Uber une entreprise Disruptive ? ». Rappelant à quel point cette société qui a connu une croissance extraordinaire en opérant dans plus de 60 pays et en ayant réalisé une levée de fonds qui valorise l’entreprise à 50 milliards, est un succès qui a révolutionné le business des taxis .

« Mais est-elle a l’origine d’une rupture dans ce secteur d’activité ? Selon la théorie, la réponse est non ». La réussite financière et stratégique d’Uber ne suffit pas à qualifier sa démarche d’innovation de rupture alors même que le terme lui est presque systématiquement appliqué.

Christensen justifie en 2 arguments la raison pour laquelle on classe abusivement Uber parmi les exemples, pourtant réussis, d’innovation disruptive.

La première raison est que « l’innovation de rupture prend naissance sur les marchés de bas de gamme ou sur les nouveaux marchés ».

Or aucun des deux ne correspond au cas d’Uber. Uber a certainement contribué à accroitre le volume de la demande mais la société a construit sa position d’abord sur le marché traditionnel pour séduire ensuite les segments historiquement délaissés.

La deuxième raison c’est que « les innovations de rupture n’ont aucune prise sur la clientèle traditionnelle tant que la qualité n’est pas à la hauteur des standards de cette catégorie ». Or la plupart des composantes de la stratégie d’Uber semblent être des innovations de soutien. La qualité de service d’Uber est rarement décrite comme inférieure à celle des taxis existants, beaucoup s’accorde même à dire qu’elle est supérieure. De plus les services sont fiables et ponctuels, les prix égaux ou inférieurs à ceux des compagnies traditionnelles.

Au final on peut se demander l’intérêt à savoir si Uber est disruptif ou non ? Le fait que l’apparition d’Uber ait semé la zizanie dans le marché des taxis a un effet disruptif mais ce n’est pas une innovation disruptive pour autant.

Les règles incontournables de la théorie de la disruption selon Christensen sont  au nombre de 4:

1) la disruption est un process

2) les business models des « disrupteurs » sont souvent très différents de ceux de sociétés établies

3) certaines innovations de rupture sont couronnées de succès et d’autres pas et enfin

4)« le mantra « créez la rupture ou subissez la peut être de mauvais conseil ».

Evidemment l’importance de déterminer si l’on est dans la disruption ou non intervient sur le mode de pilotage stratégiques et sur le type de choix stratégique entre « conduite de soutien » et « conduite disruptive ». A bon entendeur salut !

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