Nuni:Never Up Never In

 

A l’occasion de l’Evian Masters ,je profite de concilier 2 thèmes en 1 ,le golf féminin et la communication d’entreprise .

Le golf est un sport ,certains disent que c’est plutôt un jeu …j’aimerais croire que le golf n’est pas aussi une affaire de technique et de mobilisation physique tout en associant certes réflexion tactique et ludique .De fait les femmes en ont longtemps été exclues à l’image des clubs anglais réservés aux seuls fumeurs de cigares forcément masculins(Gentlemen Only Ladies Forbidden) !…l’Evian Masters est une belle revanche .Le golf féminin de haut niveau permet aujourd’hui,en partie aussi  grâce à la technicité des matériaux des clubs d’égaler les records masculins .La victoire de l’Evian Masters 2010 a été remportée avec un score de -14 soit seulement 2 bogeys sur 4 parcours !On doit cet exploit à la sud coréenne Jiayi Shin…d’ailleurs cette coupe est aussi la revanche des Asiatiques qui n’ont pas moins de 7 finalistes au Top Ten 2010 .Et la précédente tenante du titre n’était autre qu’une japonaise ,Ai Miyazato .Le pays du Soleil Levant est un véritable vivier de golfeuses émérites .La recette ? du travail ,du travail ,du travail…certains diraient qu’elles manquent d’élégance….mais quelle efficacité !Il est vrai que dans ces pays le travail est une valeur de progrès …mais aussi ,la gestion mentale par un éveil de la conscience renforcé par la pratique de la zénitude bouddhiste…qui au fond ,même si les racines n’en sont pas si proches ,ressemble au final au fameux « flegme british ».Qui ne s’est pas énervé sur une régulation ratée après un drive d’enfer ou un birdie après un putt malheureux de quelques millimètres  comprendra ce que maîtrise mentale signifie !

 

Et de fait le golf est un eldorado pour la communication d’entreprise…encore peu développé en France…qui connaît notre meilleur joueur national et ses exploits ? …et sans faire de comparaison avec la (triste) réputation de nos Bleus ! car il est vrai que les médias s’y intéressent encore peu …mais cela ne peut qu’évoluer avec notamment la démocratisation de ce sport dont le nombre de licenciés ne cesse d’augmenter avec l’allongement de l’âge ,la féminisation et le rajeunissement des pratiques .Outre la médiatisation c’est un réel atout d’image sur lequel Danone compte en exploitant ce magnifique parcours …d’image externe par le marketing sportif mais aussi interne ,en tirant du golf des leçons de vie en entreprise.

 

Ainsi Franck Riboud ,Pdg du groupe Danone ,organisateur de l'Evian Masters ,confie-t il au Figaro (22-07-10) en comparant un bogey à un échec « professionnellement il y a aussi beaucoup d’échecs .La vraie différence c’est qu’au travail même si c’est catastrophique on apprend beaucoup .Quand le bogey est inscrit sur la carte de golf c’est définitif et on est tout seul .Dans une entreprise ,on peut changer et on est entouré de collaborateurs .Mentalement ,et c’est même une de mes règles de management ,l’erreur est complètement acceptable . A condition qu’elle soit partagée jusqu’au plus haut niveau de la hiérarchie » . La philosophie du golf comme principe de management !En ce qui concerne l’étiquette , « c’est comme l’éducation ,c’est le respect des gens .Etre humble ,accessible ,s’intéresser aux autres .Sans faire profil bas parce qu’il faut parfois marquer son territoire .refuser à des gamins de jouer en tee-shirt bermuda ,je trouve cela nul ;par contre ne pas ratisser son bunker ,ne pas replacer ses divots ,cela relève tout simplement de l’éducation ».

Et parmi les principes de jeu ,celui qui a ma préférence est « un mauvais départ n’empêche pas le par »…ce qui motive tous ceux qui aiment le challenge en redoublant de concentration parce qu’il y a une difficulté et sur le green en fin de parcours avec le putt « never up never in » .Comprenne qui voudra !Bel été et à la rentrée sur Canopée.

 

Innovation : « sortir des 30 Glorieuses »

« Depuis quelques années déjà et plus encore depuis l’entrée dans la crise,  une certaine façon de pratiquer l’innovation est remise en cause ». C’est ainsi que Michel Zarka, président de Oliver Wyman France, introduit la conférence sur « The Innovative Engine ».  Face à un monde incertain et complexe il faut rendre l’entreprise agile, c’est –à-dire  savoir gérer les surprises, penser dans un monde ouvert, intégrer la diversité et la complexité et  faire vivre en simultané les horizons et les acteurs. L’innovation étant avant tout un état d’esprit,  le fondement de l’entreprise innovante  c’est  son modèle de management. « Penser sortir des « Trente Glorieuses », c’est  penser l’innovation en terme de système de management » et  pour illustrer cette possible transformation, 3 précurseurs sont venus illustrer leur retour d’expérience. 


Pour Charal, Jean Chavel  est venu expliquer  comment cette machine à innover peut s’appliquer au domaine de la viande. Comment Charal est devenu leader du bœuf en France (1Md d’euros CA, 230 000 tonnes de viande/an),  par une « innovation de rupture » :  par le pack qui cache la viande …association de technologie, un pack qui permet de conserver 23 jours  un steak découpé, et de marketing, l’illustration permet de renvoyer l’image d’un steak frais et savoureux. Cette innovation a été soutenue par l’ensemble des 3000salariés et les 500 bouchers ont rendus possible ce challenge par un programme d’hygiène et de qualité témoignant ainsi de la nécessaire implication de l’ensemble de la chaine des acteurs. 


Pour SEB,  Pierre Mouterde, s’est employé à montrer comment SEB, qui a  l’innovation  dans son ADN, a su la faire évoluer tout en restant fidèle à ses fondamentaux. En effet depuis l’origine  les fondateurs des différentes marques du groupe sont des inventeurs, ingénieurs doués pour le marketing : SEB avec la « cocotte minute »,Rowenta le 1er « fer à vapeur », Tefal avec ses fameux revêtements …autant d’innovations qui  ont révolutionné le quotidien de la ménagère en créant de nouvelles catégories de produits et d’usages ! Et pourquoi changer quand l’entreprise va bien et surmonte malgré tout la crise ? « parce que les clients changent et qu’il faut continuer à renouveler l’offre nécessaire aux 250 nouveaux produits lancés chaque année soit 1/3 du portefeuille à renouveler ». En 2009 a donc été lancé un projet visant d’une part à accroitre et rendre régulier le flux d’innovations de rupture, à moyens constants, et d’autre part à accroitre la vitesse de développement des offres et leur différenciation entre  les segments  haut-de-gamme et les pays émergents. Pour ce faire ont été appliqués 3 grands principes : formaliser et renforcer l’intimité des équipes marketing/design avec les équipes techniques, tout au long du processus d’innovation, amplifier l’exploration et développer la différenciation par segments. Parmi les initiatives qui illustrent concrètement ce programme, Pierre Mouterde cite la création de « plateaux », physiques, où équipes marketing et techniques travaillent ensemble … tout un arsenal de moyens de mise en relation sont créés : des Journées de l’innovation qui ont réuni pendant 3 jours l’ensemble des équipes marketing et techniques pour bien illustrer que chez SEB, l’entreprise agile est une réalité en reconnaissant que « l’innovation est dans la conversation ». 


Pour Vodafone, Michel Combes, présente le challenge que représente le passage à l’internet sur mobile  pour le leader mondial de la téléphonie mobile. Bien que l’innovation soit dans le DNA de Vodafone, et que ce soit reconnu par tous les classements mondiaux tels le dernier Business Week qui le place en tête des opérateurs pour son innovation, un programme de transformation est en cours pour permettre de redéployer un système de management incitant à innover encore plus et surtout autrement.  Ce système se décline autour de 3 catégories :  l’innovation incrémentale pour continuer à nourrir le flux d’un nouveau service par jour pour le milliard de clients Vodafone dans le monde, l’innovation de rupture pour étendre le portefeuille de produits et services et l’innovation long terme pour les nouvelles technologies souvent en lien avec des starts up dans lesquelles des investissements créent des liens commerciaux. Le venture capital est une démarche importante pour un opérateur ;il doit repérer les pousses dans le monde pour s’assurer un avantage concurrentiel. L’accent est mis depuis 18 mois sur la culture et les talents  pour accompagner la gouvernance de l’innovation qui a été redéfinie,  assurer l’équilibre entre les 3 catégories et créer un esprit multiculturel dans une entreprise drivée par des ingénieurs. Afin d’alimenter au quotidien ce nouveau système  un intranet puissant a été développé qui permet aux milliers de salariés du monde entier d’être connectés entre eux.  Une belle illustration de la mise en place d’une « innovative engine » car « l’innovation n’est plus un  «  nice to  have » mais bien une nécessité pour assurer la survie d’un opérateur ».

"Notre avenir dépend d'eux" par Serge Blanchard

Serge Blanchard nous donne à réfléchir sur ces grands fleurons de l'industrie française qui portent aujourd'hui l'avenir de la France .Ils possédent la puissance nécessaire pour se mettre en prise sur la croissance du monde et transmettre cette croissance au port d'attache en irriguant tout le tissu économique.

La France a su construire un nombre impressionnant de ces groupes ,devenus des champions planétaires.Ils commencent dès la lettre A ,nous fait justement remarquer Serge Blanchard: Air France,Air Liquide ,Alstom,Areva...pour ne pas citer tout le CAC 40 même si les analyses trés judicieuses les concernent tous et tous passent au peigne fin dans les 230 pages de l'ouvrage."Arrêtons la série noire de ces groupes qui sombrent dans l'indiférence:Pechiney,Arcelor..A qui le tour?",c'est ce constat et cette conviction qui en sont le point de départ .

Cet ouvrage est une exhortation à la croissance ,sous toutes ses formes, et à l'action : "Fonçons" ,"Accélérons"...Ma ligne de conduite personnelle a toujours été  "pessimiste dans l'analyse et optimiste dans l'action".C'est ce que je retiens de cette analyse lucide et réaliste mais aussi de cette conviction que la France dispose de bien des atouts dans cette compétition mondiale ;la conclusion nous améne à une ouverture positive qui caractérise bien l'auteur : "Tout est possible".

A lire absolument (éditions François Bourin éditeurs )non pas seulement parce que Serge Blanchard est un grand ami mais parce que sa formation ,son expérience d'entrepreneur et sa pratique de l'exploration des grands groupes en tant que consultant (aujourd'hui Associé d'Estin &co)vous donnerons une analyse stratégique aussi palpitante à lire qu' un bon roman d'action.

L'Imagination Collective :créer et piloter des réseaux créatifs efficaces

C'est avec plaisir et conviction que j'ai accepté de contribuer à l'ouvrage de Brice Auckenthaler et Pierre d'Huy sur à la fois la créativité et les bienfaits de la créativité collective ,préfacé par Philippe Lemoine ,président de Laser.Alors directrice Rh et communication du Technocentre de France Télécom ,j'ai partagé avec Brice et Pierre ,pour leurs lecteurs ,ma vision de l'innovation .

"L'innovation doit être"ouverte","open".L'importance des revenus de demain est déterminée par sa capacité actuelle à investir dans la recherche .Peu importe le pays,l'entreprise qui néglige l'innovation en son sein,ou qui a du mal à intégrer des innovations venues d'un autre univers,ne pourra pas éviter la remise en questions.Ainsi certaines entreprises sont passées à coté d'innovations en rupture qui ont révolutionné tout un secteur.C'est le cas par exemple de Polaroïd qui a manqué le passage à l'ére numérique et s'est retrouvé au bord de la faillite.L'émergence de nouveaux acteurs sur un marché bouscule la durée de vie des innovations  .Le cycle de vie des produits se raccourcit d'une part et les nouveaux entrants/partenaires sur le marché  bousculent le type d'innovations.De plus en plus ,celles-ci sont en rupture ,éloignées de notre coeur business.  

D'une certaine façon,on peut dire que le terrain de jeu de l'innovation et ses régles ont évolué:Nous sommes entrés dans l'ère de la globalisation de l'innovation;hier l'innovation se partageait entre es grands laboratoires et les services R&D plus ou moins puissants des groupes industriels.Aujourd'hui l'innovation est partout ,au sein bien sûr et encore de la R&D mais également dans la tête des collaborateurs,chez des partenaires externes,chez nos concurrents mais aussi sur internet...sur les blogs.Pour aller au-delà selon les principes de responsabilité d'entreprise et afin d'ancrer l'innovation d'une dynamique de développement durable ,l'innovation ouverte s'adresse également aux parties prenantes de l'entreprise.L'impératif est la communication en réseaux et la force de l'entreprise sera de trouver un moyen de raccourcir au maximum le circuit de l'innovation entre la recherche premiére et le produit final pour le consommateur.En un mot l'objectif est de fluidifier la chaine de l'inovation.

L'innovation ne vaut que par des solutions qu'elle produit et l'audience qu'elle encontre et séduit.Un mot,ma définition de l'innovation :"c'est une idée qui rencontre le marché".Le point important est de pouvoir sortir le bon produit au bon moment .L'efficience d'une organisation en matière de d'innovation dépend donc de sa faculté à rapprocher les fonctions marketing et les fonctions du développement pour synchroniser les idées et attentes du marché.*

L'innovation dans les entreprises ,selon moi,doit être appréhendée comme une culture ,une de valeurs fondamentales de chaque groupe. Chaque salarié doit se sentir investi "d'un devoir d'innovation"  .Mais audelà de l'individu,l'entreprise doit adapter son organisation pour relever les nouveaux défis de l'innovation.            

 

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