« Est-ce qu‘on demande à un pianiste de 65 ans d’arrêter de jouer ? »
« Est-ce qu’on demande à un pianiste de 65 ans d’arrêter de jouer ? »
Je n’ai pas su quoi répondre.
Cette question vient de Robin, mon mari, chirurgien plasticien depuis 40 ans.
Il avait 10 ans quand un parent d’élève est venu présenter son métier au collège.
Coup de foudre. C’était ça, sa vie.
Ensuite : 12 ans d’études, des sacrifices, une jeunesse entre parenthèses et
une certitude qui ne l’a jamais lâché.
Cette certitude l’a emmené loin:
Reconstruire des becs-de-lièvre au Vietnam ou encore réparer, dans des blocs de guerre en Croatie, des visages défigurés par les snipers avec Medecin sans Frontières
Aujourd’hui il opère encore et il savoure chaque jour.
Il n’est pas le seul.
Daniel, kiné, 90 ans, soigne les petits-enfants de ses premiers patients. Ses mains n’ont jamais été aussi expertes.
Aurélio, violoniste, 80 ans, forme des concertistes qui sortent de cours plus fatigués que lui.
Je lui ai demandé s’il pensait arrêter.
« Arrêter ? Plutôt mourir. »
Et pendant ce temps, on débat des retraites, on se demande à quel âge on pourra enfin s’arrêter…comme si le travail était une peine à purger.
Eux, ils ont trouvé autre chose.
Un mot qui donne l’énergie d’un gamin de 20 ans quand on en a 3 ou 4 fois plus: la vocation.
Depuis, je ne demande plus aux gens à quel âge ils veulent arrêter de travailler.
Je leur demande s’ils ont trouvé le truc qu’ils ne voudront jamais arrêter.
Parce que c’est exactement pour ça que je fais mon métier de coach, et que j’ai écrit « Travail Plaisir, c’est possible dans le monde qui change ».


