Dimanche 13 avril 2008

L'opéra ,lieu de tradition ou d'innovation?

En ce printemps ,Bastille programmait un Parsifal innovant.Krysztof Warlikowski déclinait le chef d'oeuvre de la maturité musicale de Wagner selon son style ,sobre et provocant à la fois...La direction musicale ample et wagnérienne de Hartmut Haenchen venait donner les repéres musicaux attendus ,tandis que la mise en scéne déroutait avec ses symboles modernes telle la fontaine sacrée illustrée par un coin lavabos ,ou l'innocence représentée par la présence permanente sur scéne d'un enfant ...

La poésie particuliére de Warlikowski s'est exprimée de maniére trés controversée par la diffusion d'un extrait de film de  Rosellini où dans la scéne terrible un enfant constatant l'absurdité du monde en voyant sa ville,sa maison ,détruites par la guerre ,se jette de désespoir dans le vide...ces images fortes venaient illustrer le tempo sonore des cuivres wagnériens et dire combien l'absurdité de la violence et l'impuissance de l'homme face à la folie meurtriére ou à son destin.

Ces images ,fortes,belles émouvantes ont été largement huées par la salle ...pourquoi?Wagner qui a tant apporté en innovant avec ses leitmotiv et sa musique si déroutante à l'époque,n'aurait il pas apprécié cette interprétation de son oeuvre?cette illustration symbolique où le cinéma vient éclairer le sens ,la vision,la musique ,les acteurs ,leur jeu ...en un art total qu'il revendiquait lui-même...l'art total au 3eme millénaire ne doit-il pas s'ouvir aux images?au 7eme art?

J'avais déjà adoré l'initiative de Bastille avec son  Tristan  illustré d'images magifiques  du plasticien multimedia  Bill Viola que je suis allée le déguster de bien nombreuses fois...et bien ce Parsifal de Warlikowski ,je vous le conseille sans modération..et pour vous rassurer c'est Waltraud Meier ,la voix wagnérienne absolue, qui campe magnifiquement l'ensorceleuse Kundry!A vos livrets!

Pour les photos de cette oeuvre inattendue:

http://image-au-reel.blogspot.com/2008/03/parsifal-de-richard-wagner-1er-acte.html

 


Mercredi 02 avril 2008

L'architecture gourmande selon Alba Pezone

Aviez-vous imaginé que derrière un plat de lasagnes "a la genovese" ,se cachait un morceau " d'architecture gourmande"..c'est ce qu'Alba Pezone dans son loft /école de cuisine du18eme vous explique avec une faconde et une gestuelle italiennes qui ne laisse pas douter de ses origines !

Amoureuse de la tradition de son pays (le piment ne peut être que Calabrais ! les amandes améres de Sicile...)elle sait marier le goût du design bien contemporain pour le mélange des saveurs ,l'arrangement des couleurs et la variété des textures...Un cours de cuisine avec Alba c'est 2 heures de voyage en méditerranée ...on en ressort avec l'énergie du sud et les papilles et les yeux comblés !


Lundi 03 mars 2008

Pierre Gagnaire : la gastronomie moléculaire, l’innovation dans nos assiettes

Avez-vous goûté la « cuisine moléculaire »… ne vous fiez pas à ce nom qui, il est vrai,  évoque plus vos cours de physique/chimie que les fait-tout odorants de nos grands-mères… C’est une cuisine extraordinaire… enchanteresse ! Il faut goûter « l’œuf de poule à 63°, gras de seiche et asperges de Mallemort à la truffe noire » pour se rendre compte que le degré de cuisson précis, qui permet paraît-il une cuisson illimitée tout en permettant à l’œuf de rester juste cuit, plus que mollet et moins que dur, restitue un goût merveilleux d’œuf de poule de nos fermes. Le tout exalté par l’iode de la seiche , la verdeur acidulée de l’asperge et renforcé par la truffe râpée noire, forte et voluptueuse… de la science ou de l’art ? De l’innovation savoureuse, pour sûr !

Dans le menu St Valentin de Pierre Gagnaire

Rue Balzac….merci Robin